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Paracanoë : La longue route vers Rio

Les épreuves de paracanoë débutent demain aux Jeux paralympiques de Rio. Canoë-Kayak Magazine vous propose de découvrir les athlètes de l’équipe de France qui vont en découdre sur le Lagoa Stadium. On termine ces présentations avec Cindy Moreau (KL3), la kayakiste de Bouchemaine qui a vécu un véritable parcours du combattant pour aller au Brésil et qui représente l’une des meilleures chances de médaille pour le groupe tricolore.

La dernière fois qu’on avait rencontré Cindy Moreau, elle s’apprêtait à partir aux championnats d’Europe à Moscou, fin juin, sans réellement savoir si elle pourrait s’aligner au départ. Situation ubuesque, qui résume à elle seule son aventure sportive durant un an. Sacrée championne d’Europe en 2015 à Racice, puis disqualifiée, puis réintégrée. Médaillée mondiale à Milan, mais avec un quota paralympique non validée. Toujours médaillée, mais jamais confirmée dans sa classification de handicap.

Cindy Moreau ne rentre pas dans les petites cases de la classification élaborée à la hâte, pour le tout jeune paracanoë. La discipline a fait évoluer ses classifications en cours d’olympiade, tatonne encore, et la kayakiste de Bouchemaine se heurte aux critères élaborés. Ce qui arrange certaines nations…

« Au début je me suis pliée au jeu des dossiers médicaux, explique-t-elle, mais c’est rapidement devenu un parcours du combattant. On m’a fait attendre beaucoup, on m’a trimballé pas mal. C’est très difficile comme situation à vivre et heureusement j’ai été bien soutenu par la fédération et par mon club. » Au quotidien Florian Revollon, son entraîneur à Bouchemaine, s’efforce de garder le rythme de la saison, la rigueur de l’entraînement. « Il a joué un rôle essentiel, confie Cindy Moreau. Il m’a fixé des objectifs en attendant la validation de mon quota, pour garder le rythme car par moment c’était dur de m’investir pleinement dans ces conditions. »

Son quota est finalement validé et Cindy Moreau autorisée à courir juste avant les championnats d’Europe à Moscou. Un soulagement pour elle et pour le clan tricolore qui s’est mobilisé durant des mois pour faire valoir les droits de la triple médaillée mondiale.

cindy_moreau

Juste avant de s’envoler pour Rio, on l’a rappelé lors du dernier stage des Bleus à Saint Laurent Blangy. « Je me sens bien, avouait-elle, je suis presque sereine. J’espère que ma préparation suffira pour aller chercher une médaille. » Elle qui collectionne les breloques internationales en grands championnats depuis 2013, ne compte pas descendre du podium. « Le piège à Rio, je pense que c’est de sortir de sa course, de se faire embarquer dans la spirale des Jeux. Moi je veux faire une course pleine, sans peur, à mon niveau pour ne pas avoir de regret. »

Son rêve de médaille paralympique, objectif affiché, est déjà une réussite pour la kayakiste de Bouchemaine. Souvent envahie par le stress, elle s’est doucement appropriée ces Jeux. « Ils sont devenus un objectif au fur et à mesure. Je suis arrivée rapidement à haut-niveau dans le paracanoë, c’était un peu flippant par moment car des attentes sont nées autour de moi. J’ai muri au sein de l’équipe de France et j’ai pris conscience depuis un an et demi que c’est bien moi qui avait envie d’aller performer à Rio, et pas seulement les autres qui voulaient m’y voir. »

Malgré toutes ses mésaventures, elle a retrouvé le sourire et en rigole même. « Le parcours du combattant pour voir ma place à Rio confirmée, prendre une navette qui arrive en retard au bassin, perdre ma plaquette de numéro avant la course, il m’est presque tout arrivé avant une grande compétition. Il ne me manque plus que de rester coincée dans un ascenseur avant la course. Je crois qu’à Rio je vais prendre les escaliers, même si c’est difficile pour moi, s’amuse-t-elle. » Sur les eaux du Lagoa Stadium, elle espère conjurer ces mauvais démons qui ont jalonné son chemin jusqu’aux Jeux pour pouvoir s’y exprimer pleinement et peut-être ramener la médaille qui lui redonnera définitivement le sourire.

 

Crédit photo : Jean-Christophe Gonneaud / Alain Urban

One Comment

  1. moreau

    13 septembre 2016 at 20 h 31 min

    On ne peut que te soutenir et t encourager, nous sommes en admiration devant ton courage et ta détermination face à l adversité de l autre bout du monde nous serons avec toi le jour de ta compétition.. Gros tata

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