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Descente : c’est parti pour les mondiaux de sprint !

Les championnats du monde de sprint débutent ce samedi matin à Vienne (Autriche) sur le bassin artificiel situé au bord du Danube. Arrivée lundi soir dans la capitale autrichienne, l’équipe de France a terminé vendredi matin sa préparation sur la rivière avant d’attaquer les qualifications ce samedi matin.
Meilleure nation mondiale en sprint, la France s’aligne au départ de ces mondiaux avec des ambitions élevées d’une médaille par catégorie dont un titre. Les espoirs reposent forcément sur les médaillés de la saison dernière mais chaque bateau tricolore peut viser un podium lors des courses de ce week-end. Paul Graton en kayak homme, Quentin Dazeur en C1 homme font partie des favoris mais ces deux garçons préfèrent rester prudent et durant toute la semaine, ils ont travaillé discrètement, avec application pour prendre leurs marques sur ce bassin exigeant. Multipliant les chronos et les séances vidéo, ils ont pu peaufiner leur navigation pour mettre toute les chances de leur côté. On fait le point avec les entraîneurs de l’équipe de France de descente sur les chances tricolores et les favoris dans chaque catégorie.

Kayaks hommes : « L’objectif de la préparation était de monter doucement en puissance et de bien gérer les moments de travail sur le bassin qui sont intenses et les temps de repos. On l’a plutôt bien fait donc c’est une bonne chose. Le temps d’apprentissage du bassin n’était pas le même pour tous et le temps des choix de trajectoire non plus mais c’est la part d’individualisation nécessaire. En dehors de ça les garçons ont bien collaboré pour préparer ce mondial. Sur ce bassin on a plus de confort qu’en rivière mais c’est aussi plus anxiogène car les athlètes veulent tout maitriser, il faut garder à l’esprit que l’adaptation est essentielle. Les favoris on les connait, il y a notamment Nejc Znidarcic mais attention en kayak homme il y a toujours des surprises. Il ne faut se focaliser sur personne.
Côté tricolore Clément Faure peut miser sur sa fougue car il peut être très fort. Gaëtan Guyonnet est un athlète très puissant qui peut avoir une bonne capacité à s’échapper de situations compliquées. Enfin Paul Graton est devenu plus rigoureux, plus méthodique, il est très déterminé cette année. Les kayakistes français ont terminé 1er et 3ème l’an dernier ils savent donc qu’ils sont bons, ils ont besoin d’accepter la pression, pas de la rejeter, mais de la gérer. »

Kayaks dames et canoë dames : « L’avantage de cette saison c’est que les athlètes ont déjà vécu les championnats d’Europe ensemble donc on a pu caler le fonctionnement du groupe. Certaines athlètes connaissaient le bassin car elles étaient à la Coupe du monde l’an dernier, donc tout cela permet une approche plus simple de cette dernière semaine d’entrainement. On a bien profité de ces quelques jours car sur ce bassin artificiel avec des mouvements d’eau différents le travail est assez spécifique et il faut savoir s’adapter.
La plus forte des étrangères c’est l’italienne championne du monde, Bonnacorsi. Mais sur ce bassin exigeant où la navigation prime, nos athlètes ont toutes leurs chances. Manon Hostens a une bonne puissance qui est importante pour ce bassin. Claire Bren a retrouvé une bonne fluidité dans sa navigation et du dynamisme. Marion Leriche fait ses débuts en senior, elle manque d’expérience mais elle reste puissante et peut faire de belles choses.
En canoë dame, Claire Haab pour sa première année avec l’équipe senior est très motivée, elle a une bonne approche, on sent une soif d’intégrer les réflexes du haut niveau. C’est un plaisir de la suivre. Elle découvre la navigation en bassin artificiel mais elle progresse très vite, sur ce dernier mois elle a fait un bond. C’est l’une des très bonne chance de médaille de l’équipe de France. »

C1 hommes : « La préparation est bonne dans l’ensemble mais elle a été différente pour chacun. Quentin Dazeur a vite pris ses marques, Guillaume Alzingre a un peu plus tergiversé mais s’il passe bien avec sa pointe de vitesse ce sera pas mal. Enfin Antoine Demateis c’est l’insouciance, il est capable de tout mais avec son peu d’expérience il a mis du temps pour figer les choses sur ce bassin.
Dans cette catégorie le niveau est assez dense avec Normen Weber qui vient de gagner la Coupe du monde, Rolenc, Hales, Slanina, mais aussi les retours d’Igor Gojic et de Vladi Panato qui peuvent aller vite. Les Français ont des chances certaines. Ces dernières années on a toujours placé des athlètes sur le podium voir pour le titre. Le niveau actuel n’est pas moins bon au contraire donc on a des chances réelles de médaille, maintenant il faut les réaliser. Quentin a confirmé sa médaille d’argent de l’an dernier avec le bronze aux Europes, c’est un bon sprinter en pleine progression. Guillaume qui est passé à côté l’an dernier a juste besoin d’assembler les bons bouts au bon moment sans se mettre une trop grande pression. Il est capable d’effacer sa déception de 2014. Enfin Antoine n’est pas à l’abri d’une surprise, son registre de navigation correspond bien au bassin, son insouciance et sa valeur individuelle peuvent lui permettre d’aller chercher le podium. »

C2 hommes : « En C2, Tony Debray et Louis Lapointe jouent la victoire, affirme Frédéric Momot, notamment aux vues de leur palmarès. Ils ont terminé 2ème des championnats d’Europe, en 2014 ils ont gagné les qualifications mais ont manqué leur finale. Ils ont le potentiel pour gagner mais lors des séances de chrono, Damien Mareau et Pierre Troubady ont réalisé de belles choses, ils peuvent penser au podium. Attention tout de même à bien rester dans la course, car ils participent à leur premier mondial. La préparation s’est bien passée, les garçons sont montés en puissance toute la semaine, ils ont aussi bien travaillé le fait de faire une belle manche dès la première descente. Vu le programme des courses c’est important de savoir être efficace tout de suite. »

Ce samedi matin ont lieu les qualifications des C1H, K1D et K1H, puis des C2 et C1D l’après-midi. Dimanche matin ont lieu les finales individuelles avant les courses par équipe l’après-midi.

L’équipe de France senior aux mondiaux de sprint
Kayaks hommes : Paul Graton (Marseille Mazargues), Gaëtan Guyonnet (Moussac), Clément Faure (Vivonne les Pagayous)
Kayaks dames : Claire Bren (Vivonne les Pagayous), Manon Hostens (Périgueux), Marion Leriche (Argentan)
C1 hommes : Guillaume Alzingre (Cesson-Sévigné), Quentin Dazeur (Strasbourg), Antoine Demateis (Bessèges)
C1 dames : Claire Haab (Gérardmer)
C2 hommes : Tony Debray (Pont Réan) / Louis Lapointe (Gérardmer), Damien Mareau / Pierre Troubady (Périgueux)

Photo : Bruno Dazeur

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