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Descente : dernière ligne droite avant les mondiaux

Les championnats du monde de descente sprint débutent samedi à Vienne en Autriche. Cette année, seul le sprint sera au programme de ces mondiaux et dans un contexte assez particulier, car c’est sur un bassin artificiel que vont se dérouler les courses. Plus habitués à la nature, aux lâchers d’eau quelques peu aléatoires et aux grands espaces, les descendeurs changent de terrain de jeu cette saison.
C’est dans un bassin en circuit fermé avec de l’eau pompée, entre béton et plots en plastique que vont se dérouler les courses. Ce bassin, qui a accueilli les championnats d’Europe de slalom l’an dernier et une manche de Coupe du monde de descente l’an dernier, change radicalement les standards de la discipline. Le sprint de ces mondiaux dure entre 40 et 50 secondes suivant les catégories avec un parcours essentiellement d’eau-vive, sans temps calme. Avec ses vagues et rouleaux successifs, le bassin autrichien est très exigeant physiquement pour les athlètes. Ce passage en bassin artificiel change les habitudes des athlètes et du staff tricolore qui ont du adapter leur manière de s’entraîner et d’appréhender la rivière. Qu’est ce qui change vraiment ? On fait le point avec Frédéric Momot l’entraîneur des C2 français, vice-champion du monde 2008 de sprint et champion d’Europe 2005 en C2.

Qu’est que cela change de naviguer sur un bassin artificiel ?
Frédéric Momot : « C’est plus simple à gérer pour la logistique du groupe, ensuite sur l’eau pour les athlètes les repères sont différents. Le niveau d’eau est constant donc le parcours ne change pas, c’est un avantage surtout après les mondiaux de l’an dernier où le niveau d’eau changeait chaque jour presque. Il y a bien un peu d’évaporation de l’eau car elle tourne en circuit fermé, mais cela n’impacte pas la navigation. Par contre certains mouvements d’eau sont instables, il y a quelques vagues, comme celle du départ, qui s’ouvrent et se ferment, donc il faut passer au bon moment. Il y a aussi quelques marmites qui se forment et peuvent avoir un impact sur la navigation et comme le parcours est relativement court, on y attache plus d’importance.

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Qu’est ce que cela change pour l’entraînement des athlètes ?
F.M : « Dans un premier temps il faut se plier aux créneaux de navigation. Chaque équipe a deux créneaux de 50 minutes par jour pour s’entraîner, ce qui nous change de nos habitudes d’aller quand on le souhaite sur la rivière. Ce bassin est aussi très exigeant physiquement car il n’y a pas de temps mort dans la descente et psychologiquement car il nécessite beaucoup de concentration. Sur ces créneaux, avec le tapis roulant pour remonter au départ, les athlètes ont besoin de pauses car ils saturent vite physiquement. Ils doivent être précis dans leur navigation et ils ont donc besoin d’avoir leurs pleines capacités physiques pour être efficaces. L’effort est court mais d’une grande intensité, notamment pour les athlètes qui n’ont pas un gros gabarit.

Naviguer entre des murs en béton, est-ce que cela ne gâche pas un peu le plaisir de la descente ?
F.M : « Cela peut choquer certaines personnes, mais je pense que cette évolution permet aussi d’ouvrir la pratique aux « petites » nations, car ce bassin est navigable pour tout le monde, il n’est pas dangereux en cas de bain. Cela peut être bien pour développer la discipline de pratiquer sur ce type de bassin mais sans se couper des rivières naturelles.

Ce bassin est agencé fer à cheval et tourne à gauche, est-ce handicapant pour les canoës ?
F.M : « Sur le principe il vaut mieux être bordé droit car il n’y a pas de ligne droite, la trajectoire est assez courbe. Mais il y a pas mal d’ajustements à faire où un bordé gauche peut être plus à l’aise. En C2 par contre c’est difficile de tourner notamment dans le virage vers la fin et de passer les multiples rouleaux. Les équipages français ont donc adapté leur matériel, en prenant des pagaies plus longues. »

L’équipe de France entrent dans la compétition dès ce vendredi soir avec la cérémonie d’ouverture avant les qualifications samedi puis les finales individuelles et les courses par équipe dimanche.

Propos recueillis par Mélanie Chanvillard Photo : Papia Prigent

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