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« L’objectif c’est l’or olympique à Rio »

« L’objectif c’est l’or olympique à Rio »

Alors que les athlètes seniors sont en stage au Portugal depuis lundi, le nouveau directeur de l’équipe de France de course en ligne aborde pour les lecteurs de CKM ses objectifs et les orientations de la ligne pour cette nouvelle olympiade. Arrivé aux commandes après Christophe Rouffet, Vincent Olla est bien connu dans le milieu de la course en ligne. Ancien athlète de l’équipe de France de descente entre 1990 et 1994, il a ensuite évolué en vitesse de 1994 à 2002. Cadre technique à la DDJS de l’Ardèche de 2002 à 2007, il était ensuite CTR Rhône-Alpes jusqu’à septembre 2012. Entretien avec le nouveau directeur de l’équipe de France de course en ligne.

 

Revenir sans médaille des Jeux olympiques de Londres, c’était une grand déception pour la course en ligne tricolore. Ton arrivée à la tête de l’équipe de France c’est un nouveau départ ?

Vincent Olla : « On ne va pas tout balayer au contraire. Oui, ces Jeux olympiques sont une déception, c’est clair, mais je vais m’appuyer sur le travail fait durant ces huit dernières années. Au fil des ans, la course en ligne a prouvé qu’elle était capable de décrocher des médailles dans toutes les catégories. Monter sur le podium on sait faire, tant au niveau des athlètes que des entraîneurs. Au niveau mondial et européen on a fait tomber les barrières, on est capable et on le sait, il reste désormais à résoudre la question des Jeux olympiques.

 

Quel est ton projet pour cette olympiade ?

V.O : « L’objectif majeur c’est l’or olympique à Rio en 2016. On ne l’obtiendra que collectivement selon moi, en confrontant les idées et les compétences des athlètes, de l’encadrement et en faisant fructifier le travail effectué dans les clubs.

Pour atteindre cet objectif il faut être conscient que l’on manque de densité au niveau français. Il faut donc redonner de la cohérence au parcours du sportif dans sa globalité, cela va du plus jeune âge à la reconversion. Ce travail on ne peut pas le faire qu’en équipe de France, il repose aussi sur le travail des clubs. Je veux donc qu’il y ait un lien fort avec les clubs, c’est essentiel si on veut être cohérent dans la formation de nos athlètes. Pour gérer cela au quotidien à mes côtés, on a mis en place un head-coach, qui est François During. Il est chargé du projet de performance des équipes de France de course en ligne.

 

Qui compose le staff de l’équipe de France à tes côtés ?

V.O : « Le collectif senior est composé en quatre groupes car on a introduit une différence entre 1000m et 200m pour les kayaks hommes cette saison. François During s’occupe du collectif 200m, car il a beaucoup travailler sur l’approche du sprint depuis qu’il suit Maxime Beaumont. Nicolas Maillotte est en charge du 1000m. Les canoës sont confiés à Anthony Soyer, qui suit les équipes de jeunes depuis quelques années et qui est un spécialiste car ancien céiste. Enfin, Claudine Leroux suit les dames, après avoir suivi les U23 ces dernières années. Elle a développé ses compétences depuis de longues années auprès des kayaks dames et son niveau d’exigence est important.

Les moins de 23 ans (U23) sont encadrés par Jean-Pascal Crochet, Nicolas Parguel et Nicolas Imbert. Enfin les juniors et les U17 sont gérés par José Ruiz qui suit depuis longtemps ces catégories d’âge et qui sera aidé par des intervenants extérieurs.

 

Quelle sera la nouvelle organisation des équipes de France de course en ligne ?

V.O : « A partir de cette olympiade on a décidé de spécialiser les sportifs par rapport au programme olympique. On part du constat que pour être performant à Rio ce sera dur de doubler 1000m et 200m. Il existe donc trois planifications à partir de cette saison : une pour le 1000m, une pour le 200m et une pour les dames, adaptée à leurs distances de course et à leurs qualités physiques.

On colle aussi à la demande des entraîneurs de se spécialiser car la préparation a beaucoup évolué ces dernières années, tant dans la préparation physique que dans l’approche des courses. On multiplie les échanges avec d’autres disciplines comme l’athlétisme, l’haltérophilie pour faire progresser notre entraînement et notre façon d’appréhender le sprint notamment.

Dans l’immédiat, les collectifs sont mélangés lors des stages de pré-saison. On essaie de faire davantage d’équipage pour travailler l’adaptabilité des sportifs, mais dès les sélections, qui se courent en monoplace, notre niveau d’exigence sera élevé.

Derrière les seniors, les U23 doivent être une catégorie tremplin pour accélérer au maximum le passage en senior. Enfin les juniors, c’est un collectif de transition entre la formation et la performance, qui doit être assez ouvert.

Le nouveau groupe des U17 sera issu des championnats de France de fond et de vitesse et il doit nous permettre de sensibiliser plus tôt les sportifs et leurs entraîneurs au haut-niveau. C’est vraiment de la formation, comme une étape dans le parcours de ces jeunes que l’on va découvrir plus tôt. Depuis quelques années on a constaté un déficit athlétique chez les juniors, ce collectif doit nous aider à régler le problème.

 

On sent que certaines catégories, comme les filles et les canoës, sont moins denses au niveau français, comment les rendre plus performantes ?

V.O : « Concernant les filles, on va s’appuyer sur le travail fait depuis Pékin en 2008. Actuellement nous avons trois filles qui ont l’expérience des Jeux olympiques et qui constituent le noyau dur, ainsi qu’une ou deux filles qui peuvent rivaliser. Mais c’est vrai que l’on doit veiller à élever la valeur individuelle de nos kayaks dames. Claudine Leroux a de l’expérience en la matière et on compte sur elle. On doit à la fois capitaliser sur l’expérience et développer le potentiel des filles au quotidien pour ensuite qu’elles soient capable de l’exprimer en compétition.

En canoë, l’effectif est aussi relativement réduit, d’où un grand besoin de travailler avec les clubs. Mais il n’y a pas qu’en canoë en chez les dames qu’il faut se soucier de la densité de nos athlètes. En kayak homme j’ai la même inquiétude car on doit penser au renouvellement des générations. Pour l’instant il y a un gros écart entre les garçons du collectif senior et les jeunes qui sortent à peine des années juniors.

C’est pour cela que l’on doit envisager la filière dans sa globalité et travailler avec les clubs pour fidéliser les athlètes et leur offrir des conditions d’entraînement, et de formation qui soient propice à la poursuite de la carrière dans le temps. Le collectif U23 est important également car avec Jean-Pascal Crochet qui connait bien les exigences du très haut-niveau, il va pouvoir transmettre ses connaissances car on doit faire en sorte que chaque collectif tendent vers l’or olympique. Entraîneur national, c’est une métier qui évolue et je souhaite qu’ils diffusent les informations vers les clubs, qu’ils soient des interlocuteurs privilégiés pour les athlètes et les coachs sur le terrain. De plus en plus de monde gravite autour des athlètes et l’entraîneur national doit servir de référent pour apporter de la sérénité.

 

Quel est le programme à venir de la course en ligne ?

V.O : « Les seniors sont en stage au Portugal depuis lundi jusqu’au 25 février et termineront le stage par une compétition, le Winter Nelo Challenge. En février également, les juniors iront à Temple sur Lot et un stage inter-pôle rassemblera les jeunes. Ensuite les athlètes sont libres jusqu’aux sélections nationales qui se dérouleront à Mantes en Yvelines du 27 au 29 avril.

Seul changement en cette année post-olympique, nous n’iront pas aux Jeux Méditerranéens qui se déroulent en Turquie car ils ont lieu fin juin en plein milieu d’une période de rappel de volume pour les seniors. Les championnats du monde sont prioritaires pour eux.

 

Propos recueillis par Mélanie Chanvillard

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