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Charger son kayak sur la voiture

Charger et attacher son bateau sur la voiture : le b.a.-ba du kayakiste

Article initialement publié dans Canoë Kayak Magazine n°252, printemps 2019

Alors que le Père Noël a réussi à faire passer votre nouveau kayak par la cheminée, il faut encore le transporter jusqu’à l’embarquement ! Si cela peut paraitre simple à première vue, charger et attacher un – et surtout des – kayak sur une voiture peut vite tourner au casse-tête pour qui ne sait pas s’y prendre correctement. Pour éviter de perdre son nouveau jouet sur l’autoroute, d’emboutir la voiture de devant ou de se faire arrêter par la maréchaussée, le chargement doit être solidement attaché et respecter la règlementation tout en étant facile et rapide à mettre en place.

La règlementation

En premier lieu, regardons la réglementation. En France, c’est le Code de la route (disponible sur www.legifrance.gouv.fr) qui définit les règles de conduite, mais aussi les types de véhicules, leurs dimensions, poids, équipements obligatoires ainsi que certaines règles de chargement. Certaines valeurs ou règles peuvent changer d’un pays à l’autre. Attention donc si vous partez à l’étranger.

Sans entrer dans les détails les plus pointus, faisons donc un petit tour de ce qu’il faut garder en tête lorsque l’on charge son bateau sur sa voiture.

Généralités

Le Code de la route pose d’abord 3 règles de base sur le chargement (Article R312-19) :

  • Toutes précautions utiles doivent être prises pour que le chargement d’un véhicule ne puisse être une cause de dommage ou de danger.
  • Les pièces de grande longueur doivent être solidement amarrées entre elles et au véhicule.
  • Les accessoires mobiles ou flottants doivent être fixés de manière à ne pas sortir du contour extérieur du chargement et à ne pas traîner sur le sol.

On retrouve aussi, en France et dans la plupart des pays européens des notions telles que : le chargement ne doit pas gêner la visibilité du conducteur, ou masquer les feux, plaque d’immatriculation, etc.

Longueur

Au niveau des longueurs de chargement autorisées, les informations se trouvent dans les articles R312-21, R312-22 ainsi que dans l’arrêté du 16 juillet 1954, articles 40 et 41. Ce sont ces articles qui définissent les fameux 3m à l’arrière et les distances pour la signalisation.

charger kayak canoe. Gabarit de chargement: longueur. Code de la route R312-21, R312-22 et arrêté du 16 juillet 1954, articles 40 et 41

Gabarit de chargement: longueur. Code de la route R312-21, R312-22 et arrêté du 16 juillet 1954, articles 40 et 41

Dans certains pays, comme l’Espagne ou l’Italie, le dispositif réfléchissant est obligatoire dès que le chargement dépasse à l’arrière.

Largeur

Côté largeur, c’est un peu plus complexe : en France, le maximum est établi à 2.55m (Article R312-20). Il y a donc possibilité de faire dépasser le chargement sur les côtés du véhicule. Il faut toutefois garder en tête que le « chargement […] ne puisse être une cause de dommage ou de danger » (Article R312-19) : pas d’objet saillant sur les côtés donc. De plus, les dépassements doivent généralement être signalés, notamment par des feux de gabarit (article R313-10 et R313-21).

Hors de France, on retrouve des législations plus ou moins similaires, mais dans certains cas, le débordement du chargement est interdit (en Suisse par exemple).

Poids

Le poids maximum du chargement n’est pas donné directement par le code de la route. Il faut se référer à la carte grise du véhicule, qui donne le Poids Total Autorisé en Charge (PTAC), comprenant le véhicule, son chargement et ses passagers. On peut aussi se référer à la fiche technique, qui peut donner la charge utile (passagers et chargement). Par exemple, un break classique a une charge utile d’environ 500-600kg.

Bien, mais cela ne nous donne pas d’information précise concernant le chargement sur le toit. Il faut donc se référer à la fiche technique des barres de toit/galerie (cette information peut aussi être dans la notice du véhicule). Là, généralement, on peut aller jusqu’à 35-40kg par barre, soit 70-80kg maximum pour une voiture avec deux barres de toit.

 

 

En pratique

En pratique, pour attacher un bateau sur sa galerie, une paire de sangles suffit. Quelques règles d’usage sont pourtant applicables pour le faire correctement. L’idée première est de pouvoir transporter son bateau en toute sécurité, de rentrer dans le cadre légal et de pouvoir charger/décharger de manière pratique et rapide.

Position du bateau

Lors du chargement, la première question qui se pose est : comment installer le(s) bateau(x) sur le toit ? Posé sur la coque, sur le pont ou sur la tranche ? La position choisie dépend du type, du nombre de bateaux à charger et de la place disponible. Elle va aussi de pair avec le type de barre de toit et de support installés.


— Sur la coque —
Charger poser kayak canoe coque à plat

Posé sur la coque, à plat

Poser le bateau sur la coque est la solution la plus simple. Cependant, même avec des housses, les barres de toit peuvent déformer la coque. C’est donc une solution qui s’adresse plutôt aux fonds plats et/ou rainurés. Pour les fonds ronds ou à quilles, il faudra prévoir un support dédié dans le budget. On peut aussi couvrir l’hiloire, exposé et accessible (prise au vent, pluie, feuilles, etc.)

Avantage : facile à installer, les accessoires de pont peuvent rester installés
Inconvénient : peut déformer la coque/nécessiter un support


— Sur le pont —
Charger poser kayak canoe pose sur le pont

Posé sur le pont, à l’envers

A l’inverse, poser le bateau sur le pont évite les déformations de la coque et limite l’exposition de l’hiloire. Par contre, les accessoires devront sûrement être démontés ou solidement fixés, au risque qu’ils se détachent et/ou touchent le toit.

Avantage : la coque n’est pas déformée
Inconvénient : peut nécessiter le démontage de certains accessoires


— Sur la tranche —
Charger kayak canoe pose coté tranche

Posé sur la tranche

Poser les bateaux sur la tranche offre un bon compromis entre les solutions précédentes : la coque ne repose pas sur les barres, l’hiloire est accessible sans être trop exposé, et les accessoires n’ont pas besoin d’être démontés. Cette solution permet aussi de charger plus de bateaux. Par contre, il faut généralement un support pour maintenir les bateaux dans cette position.

Avantage : on peut charger plus de bateaux, ne déforme pas la coque
Inconvénient : nécessite un support, hauteur plus importante


Les types de barres de toit

Les barres de toit sont l’interface entre le véhicule et l’embarcation. Leur choix est donc essentiel lorsque se pose la question du transport de bateaux. Entre les systèmes gonflables, les housses pour barres rigides et la multitude de supports pour galerie, chacun devra choisir en fonction de ses besoins.

— Système gonflable —
Chargement kayak type barres gonflable

Galerie gonflable: polyvalente et bon marché

Pour ceux qui n’ont pas de galerie sur leur voiture, les systèmes gonflables amovibles trouvent leur intérêt dans leur polyvalence : ils s’adaptent partout, ne produisent pas de point dur sur la coque et offrent la possibilité de les ranger facilement, contrairement aux barres classiques. Ils prennent appui sur les gouttières de porte, ou font carrément le tour du toit en passant par l’habitacle. De 50 à 100€, il faudra porter une attention particulière à la charge admissible, les plus petites étant prévues pour des planches de surf.

— Housse de protection —
Chargement kayak canoe type barres housse gallerie

Housses pour barres de toit: basique et pas cher

Entre 20 et 40€, les housses pour barres de toit sont la solution la plus économique et polyvalente. Elles conviennent à tout type de bateau et les bricoleurs peuvent même les faire eux-mêmes. C’est la base pour celui qui transporte régulièrement son bateau.

 

— Support de coque : à plat —
Chargement type barres support de coque à plat

Support de coque: bateau à plat sans déformer la coque

Les supports de coque permettent de poser à plat, les bateaux larges ou ayant un fond rond ou à quille. La grande variété de construction, du simple bloc de mousse au support high-tech donne une large gamme de choix et de prix : compter entre 40 et 250€.

 

 

— Support de coque : vertical/oblique —
Chargement kayak canoe type barres-support vertical J

Support vertical ou en J: accueil confortable et optimisation de l’espace

Ce type de support permet de transporter les bateaux sur la tranche. L’avantage premier est le gain de place sur le toit. Pour charger un maximum de bateaux, on choisira un support vertical, simple et efficace. Les supports obliques (en « J ») permettent, quant à eux, de faciliter la mise en place sur le toit tout en offrant un accueil confortable pour les fonds ronds. Là aussi, les prix se placent entre 40 et 250€. Ces supports étant assez hauts, l’option de les choisir rétractables n’est pas un luxe.

 

— Support de chargement —
Chargement type barres support de chargement latérale

Support de chargement latéral: facilité de mise en place

Ce type de système facilite le chargement/déchargement en faisant glisser le support d’attache à hauteur d’homme, sur le côté du véhicule. La mise en place des sangles est facilitée et, sur certains modèles, le montage sur le toit assisté par vérin pneumatique. Un type de produit résolument haut de gamme : compter minimum 500€

 

 

Le sanglage

Là, on entre dans le vif du sujet. La technique de sanglage fait toute la différence entre un bon et un mauvais chargement.

— Principe de base —
Sangle attacher kayak canoë voiture barre toit

Principe de base: une sangle par barre, qui passe dans un des anneaux du bateau

La base, c’est de plaquer le bateau sur son support : les barres donc. Pour cela, la technique la plus efficace consiste à faire un aller-retour avec la sangle, autour du bateau. On utilisera donc une sangle par barre. Suivant leur longueur, une paire de sangles permet d’attacher un à deux bateaux (ou 3 petits bateaux).

On peut attacher un bateau avec une seule sangle longue (6m minimum), mais cela crée des forces entre les barres, pas forcément conçues pour, et ne présente pas un niveau de sécurité suffisant : si la seule sangle lâche, le bateau n’est plus tenu.

sanglage compémentaire à l'avant

Pour les bateaux longs, on peut arracher une sangle à l’avant et à l’arrière.

=> Sur les bateaux de grande longueur, on pourra améliorer le maintien en ajoutant une sangle à l’avant et à l’arrière. Ces sangles doivent être accrochées sur des encrages solides, comme l’anneau de remorquage ou à proximité du crochet d’attelage.

 

 

— Problèmes récurrents —

Avec les vibrations, la chaleur et la pluie, les sangles peuvent se décaler, se détendre ou même glisser – surtout sur un bateau neuf, avec ses résidus de démoulant sur la coque. Les bateaux se déforment, notamment les polyéthylènes à la chaleur ou sous un serrage excessif. Bref, l’ensemble prend du jeu et le chargement se met à bouger, surtout sur les premiers kilomètres.

Un autre point à prendre en compte est le freinage d’urgence, le choc ou simplement la rupture d’une sangle. Dans ces cas extrêmes, un simple sanglage du bateau ne suffit pas à le maintenir d’avant en arrière.

Comment donc, à partir de ces informations, sécuriser correctement son bateau ? La réponse est simple : il faut anticiper ces phénomènes lors du sanglage !

 

— Sécuriser le chargement —

Le passage d’au moins une sangle dans une bosse ou anneau du bateau est un minimum

Une fois sanglé, le bateau tient bien latéralement, mais pas forcément d’avant en arrière, surtout en cas de léger desserrage. Pour sécuriser le chargement, il y existe quelques astuces simples mais essentielles:

  • Faire passer les sangles dans les bosses, poignées et autres points d’encrages solides du bateau. On crée ainsi une boucle liant barre, sangle et bateau. Il n’y a plus de glissement possible d’avant en arrière.

=> Si les points d’ancrage du bateau sont loin des passages de sangle, on peut ajouter une sangle/corde dédiée, reliant ceux-ci aux barres de toit.

  • S’assurer que la partie la plus large du bateau soit centré entre le sanglage avant et le sanglage arrière pour assurer un effet étau. Si ce n’est pas le cas, on risque l’effet savonnette : le bateau glisse lors du serrage.
  • Caler un élément proéminent contre les barres de toit (l’hiloire par exemple) permet d’assurer un appui lors du freinage.

Le centrage des sangles permet d’éviter le glissement progressif du bateau vers l’avant ou l’arrière.

Caler l’hiloire contre les barres permet de limiter le glissement du bateau.

 

 

Le serrage

— Type de sangle —

Si le bateau est bien installé et correctement sanglé, le serrage n’a pas besoin d’être excessif pour maintenir le bateau efficacement. Une paire de sangles classique est donc amplement suffisante. Avec des sangles à cliquet, il faudra une attention particulière pour ne pas trop serrer le bateau, au risque de l’abîmer.

— Position de la boucle —

Avec une sangle classique, sur un toit de voiture, il est plus facile de tirer vers le bas que vers le haut. On met donc la boucle en haut et on serre vers le bas, en se servant de son poids pour tirer.

A l’inverse, avec une sangle à cliquet, pas de problème de serrage. Par contre, le risque est de bloquer le cliquet contre les barres et de ne plus pouvoir le passer en position « desserrage ». On va donc le placer de façon à ce qu’il ne se rapproche pas de la galerie : cliquet côté galerie, avalant le mou vers le haut.

Sangle classique: on serre vers le bas en s’aidant de son poids.

Sangles à cliquet: on fait attention à ne pas bloquer le cliquet contre les barres ou anneaux, au risque de ne plus pouvoir passer en mode « desserrage ».

 

— Le surplus de sangle —

Une fois serrée, que faire de la sangle restante ? Sur une sangle classique, un nœud derrière la boucle de serrage paraît être un minium. Il arrive en effet que celle-ci puisse se desserrer lors du trajet. Pour le reste on peut faire un tour mort sur la galerie et attacher l’extrémité de la sangle sur une des bosses du bateau. On évite ainsi la sangle baladeuse et on ajoute une sécurité au bateau.

Conclusion

A l’issue de ces 3 opérations : mise en place, sanglage, serrage, vous voilà fin prêt pour partir naviguer en toute sécurité. Si on ne devait retenir qu’une seule chose, c’est bien sûr le passage des sangles dans les bosses, nécessaire à la sécurisation du bateau. Pour protéger le matériel du vol on pourra opter pour des sangles antivols ou le classique cadenas. Enfin les plus attentionnés opteront pour la housse de bateau, avec laquelle une attention toute particulière sera de mise lors du sanglage, le bateau ayant tendance à glisser dans la housse.

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