Mondiaux descente Treignac 2022 – les sélections

Depuis vendredi la Vézère est le théâtre des sélections équipe de France de descente. A un peu plus d’un mois de la grande messe mondiale, l’heure est à la dernière répétition compétitive sur la rivière mythique. Trois courses se sont déroulées, il en reste une dernière pour décrocher son billet et concourir ces Championnats du Monde à la maison.

Fontaine au-dessus de l’eau

Laura Fontaine s’impose une nouvelle fois sur la classique après avoir dominé les débats sur les deux premières épreuves en devançant coup sur coup Elsa Gaubert qui se qualifie donc elle aussi. Laura Fontaine en lice pour un grand chelem l’emporte avec la manière en devançant Margot Beziat de dix-huit secondes sur la première classique. Mais c’est donc bien Margot Beziat qui obtient la troisième place qualificative. Helene Raguenes quatrième sur les deux premières épreuves derrière le trio identique (Fontaine Gaubert Beziat du sprint), prend la troisième place de cette troisième course.


Canoë homme monoplace

Quentin Dazeur roi des sprinteurs

Le strasbourgeois Quentin Dazeur habitué de l’équipe de France a laissé sa marque dans la vallée de la Vézère. Il remporte les deux épreuves sprint, de quoi le motiver pour les mondiaux qui approche à grands pas. Nicolas Sauteur deux fois second en sprint s’assure lui aussi un casque pour l’équipe de France. Théo Viens remporte lui la classique synonyme de 3ème place qualificative. Pour un éventuel quatrième billet il faudra attendre la sélection officielle.

Nicolas Sauteur deux fois second en sprint © Mathieu Becker

Canoë homme biplace

Troubady / Moret et Sauteur / Gourjault les plus rapides en sprint, Santa / Dazeur écrase la classique

Troubady / Moret ont remporté la première course, tandis que Sauteur/ Gourjault se sont imposés le lendemain. Le duo Santa / Dazeur étaient eux sans rivaux sur la classique. Il devance Combe / Monjanel de plus de quarante-cinq seconde. D’après les règles de séléctions, il est possible (comme sur les catégories de canoë monoplaces) qu’un quatrième bateau soit choisi pour ce joindre à la fête.


Kayak homme

Reboul créé la surprise, Barouh répond le lendemain

Augustin Reboul remporte la première course devant tous les cadors

Augustin Reboul a surpris en kayak homme en devançant tous les cadors de la catégorie. On attendait principalement Maxence Barouh ou Felix Bouvet, mais c’est le jeune sociétaire de Joinville le Pont qui arrêtera la cellule le plus tôt vendredi. Maxence Barouh dauphin de Reboul la veille, remporte haut la main le second sprint avec une seconde et demi d’avance. Augustin Reboul prend la seconde place, Paul Jean la troisième, comme sur la première course. Luca Barone vice-champion du monde sprint l’an passé n’était pas dans le coup cette fois-ci, il ne verra a priori pas les mondiaux en France. 

Maxence Barouh © Mathieu Becker

Felix Bouvet renoue avec la victoire à Treignac, qui sera le D’Artagnan de Reboul, Barouh et Bouvet ?

Felix Bouvet qui a déjà gagné la coupe du monde classique de Treignac en 2019, a été une nouvelle fois le plus rapide sur le parcours. Il devance d’une seconde Maxence Barouh déjà qualifié et assure ainsi sa présence avec les Bleus. Quentin Bonnetain, champion du monde sprint 2014 et de retour sur la rivière après plusieurs années en course en ligne, prend la troisième place. L’ardéchois semble être le seul à pouvoir suivre le tempo de Barouh et Bouvet, tous deux déjà qualifiés. Demain il aura sûrement à cœur de se sélectionner avec la manière pour cela il faudra également résister à Paul Jean qui mène un beau tir groupé de compétiteurs en quête du maillot tricolore restant après cette avant dernière course.

Felix Bouvet victorieux sur la 1ère classique © Mathieu Becker

Très heureux de gagner la course classique aujourd’hui après 2 mauvais sprint. Ce n’est pas la course parfaite, notamment une peitite gêne aux serpents, mais l’envie était là, et c’était vraiment une bonne déchire. Le chrono est vraiment bon, c’est de bonne augure pour les mondiaux !

Felix Bouvet

Kayak dame

Dupras assure sa séléction, Tara Ince premier sprint vers l’équipe de France 

Phénicia Dupras © Quentin Valdenaire

La championne du monde sprint 2019 Phenicia Dupras a mis tout le monde d’accord sur la première course, s’assurant ainsi un iloire pour les mondiaux à la maison. Le lendemain, c’est Tara Ince qui décroche sa première sélection chez les Bleus, avec un petit centième seulement sur Manon Hostens de retour en eaux vives après Rio et Tokyo, sur la route de Paris. D’ailleurs la frustration sera de courte durée pour la Périgourdine qui s’impose sur la classique le lendemain des épreuves courtes. Claire Bren prend la seconde place de cette première classique, elle devra s’imposer lundi pour revêtir le dernier maillot bleu blanc rouge disponible.

Tara Ince décroche sa 1ère sélections en Equipe de France senior

3 questions à Augustin Reboul

Augustin tu as créé la surprise vendredi sur la première course sprint alors qu’on attendait plutôt les grands noms du moment comme Barouh, Bouvet ou encore le jeune as du sprint Luca Barone. Qu’est-ce que ça te fait ? 

Hyper content d’avoir réussi à réaliser la manche que je voulais au bon moment. Je m’étais rassuré sur mon niveau en sprint à Metz il y a 2 semaines, mais j’étais surpris et heureux de voir qu au final ça donne carrément une victoire sur cette manche. Le travail paie ! 

Augustin Reboul © Kick The Wave Media

Beaucoup ne connaissent pas ton nom ou le pensait disparu des courses de kayak. Peux tu nous expliquer ton parcours ? Début en ck, premieres années en EDF, etudes, parcours de vie, retour au HN ? 

J’ai commencé le kayak assez tôt, vers 9ans avec mon père qui pouvait pas me mettre sur une planche à voile vu qu on était à Paris. On s est inscrit à JEV où on fait de la descente, du coup j’ai fait de la descente. Après quelles années je rentre en EDF en 2017 et 2018 en junior, ca me réussit plutôt bien je ramène quelques titres en individuel en k1 en c2, classique les deux années et sprint en junior2. Après ca je suis parti en prépa scientifique 2 ans parce que ça me correspondait. On y fait beaucoup beaucoup de maths et de physique pour préparer des concours, pas vraiment le temps de s entraîner, l’objectif pendant ces deux ans était vraiment scolaire le kayak c était le dimanche pour se reposer. Suite à quoi les concours de sont bien passés, j’intègre l’Ecole Polytechnique, une bonne école. Autant te dire que qu avec deux ans sans rivière j avais complètement envie de m y remettre. J ai recommencé sérieusement à m y remettre en septembre 2020, je retrouve l équipe de France en 2021 en -23ans. J ai fait des résultats encourageants à Solkan aux Europe -23 et je continue de m entraîner depuis. 

Comment est ce que tu t’equilibres aujourd’hui ? Quel sentiment t’habite à l’approche de ces mondiaux en France sur une rivière mythique ?

Au quotidien je rame et fait de la muscu sur le campus de l École à Palaiseau toujours avec les plans d entraînement de ma coach de club July Fievez et cette année un préparateur physique a l école me suit (Jauffrey Dussert). Je jongle avec les cours en même temps, mais l école me laisse m’organiser pour m entraîner bien 2 fois par jour en moyenne, et pour aller a des stages, piges etc.. J ai la chance d avoir mes cours et mon petit plan d eau a 5’ chrono de chez moi, j en profite. Je me projete progressivement dans ces mondiaux.La vezere est une belle rivière technique, physique qu on a l avantage de bien connaître. En tout cas, très content de pouvoir y participer, c est une grande chance de tomber cette année la pour mes premiers mondiaux senior. Hate d avoir l occasion de faire une belle manche sous ce pont Finot !


2 questions à Tara Ince

Tara, bravo pour ta sélection. Qu’est ce que tu ressens après cette victoire ?

Alors à l’arrivée, je ressens de l’énervement parce que je pense à une trace compliquée, a un endroit précis de la rivière et je suis un peu obnubilée par ça et pas sur tout le reste qui était quand même propre et rapide. Après ce petit passage d’énervement, les filles autours m’ont dit que j’étais devant, que j’avais un bon chrono et cette émotion a vite changé d’énervement à .. je pourrai pas vraiment le décrire et c’était très perturbant de voir le sprint final des autres concurrentes et de voir leur chrono qui défile et leur place à l’arrivée, j’avais pas trop envie de regarder, mais un peu quand même ^^ . Et quand la dernière concurrente est passée et que mon chrono était meilleur.. J’en revenais pas et j’étais tellement fière de moi, que mon entraînement assidu et acharné cette année ai payé pour que je puisse aller aux championnats du monde et concourir pour la France, c’était mon rêve ! Une sensation forte et savoureuse en effet. 

2) Est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, sur ta préparation pour ces sélections et mondiaux ?

Je viens du club PL Argentan CK J’étais en pôle espoir à Caen entraînée par Matthieu Lesenechal durant mes années juniors avec deux années en équipe de France descente. Ensuite j’ai fais 3 ans en pôle France à Toulouse, avec durant mes 2 premières années seniors, des participations en coupe de monde et une dernière année d’entraînement affecté par le covid en 2020. En 2021 avec la « pause » de la saison et de l’entraînement en kayak j’ai continuer de travailler avec les jeunes du groupe compétition de mon club le PLArgentan canoë kayak. Et cette année là, j’ai eu une discussion avec Luca Barone qui m’a demandé pourquoi je n’avais pas été au bout de mon rêve de championne du monde. Ça m’a beaucoup touchée, je me suis remise en question sur ce que je voulais faire et réaliser.

Treignac c’est ma rivière favorite depuis des années et je m’étais un peu persuadée que c’était pas possible alors que j’avais déjà fais de belles choses sur cette rivière comme une 3 eme place en coupe de monde en 2019. Et j’ai fais le choix de dédier cette année à cet objectif « Treignac 2022 » et de mettre tout en place pour celui ci, pour n’avoir aucun regret. Donc aujourd’hui j’ai 22 ans et j’ai mon ticket pour aller me confronter à toutes les autres athlètes aux championnats du monde !!  Luca Barone est une vraie source d’inspiration, un exemple pour moi en terme de dévouement et d’engagement dans ses projets. Vice championne du monde à seulement 21 ans c’est impressionnant ! J’ai mis mes études de côté cette année pour ce projet. J’ai beaucoup progressée en échangeant, notamment avec les kayaks hommes sur Toulouse, là où je m’entraîne, mais aussi au contact de l’entraîneur Paul Graton, ancien champion du monde. Je travaille sur l’optimisation, la motivation, la rigueur, la réflexion sur l’entraînement et enfin je pense à l’avancement de mon bateau. Je travaille sur ce qui m’entoure, de l’envie de m’entraîner et de la bonne humeur !! Donc à la fin de cette semaine de sélections, je vais continuer sur cette belle lancée et bien sûr faire un bilan pour être bien alignée et au point sur ce que je vais devoir mettre en place avant et pendant ces mondiaux. Et j’ai encore plus les crocs pour aller décrocher cet objectif !!

Plus qu’une chance pour intégrer les Bleus

Plus qu’une course avant la fin des sélections. Plus qu’une course pour régler les compteurs et voir Treignac depuis l’eau ou la berge.

Qui seront les derniers lauréats ? Réponse demain à partir de 12h45

Tous les résultats des séléctions pour les Mondiaux de Treignac 2022

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