Slalom – le baromètre des français avant le 2e bloc mondial

Alors que le premier bloc vient de se terminer, il est l’heure du bilan de ce début de saison. Après le temps d’identification national (TIN) controversé, les 3 premières coupes du monde (CM) nous donnent plus d’informations sur le niveau actuel des bleus.

Catégorie par catégorie, découvrez ci-dessous les perfs réalisées. On rappelle que les athlètes devaient réalisé un « top 12 nations » pour valider leur place pour la suite de la saison.

K1H – Castryck confirme, Neveu dans le dur

Un bon début de saison

Il avait largement survolé les piges, mais on attendait de voir ce que le jeune prodige allait nous offrir sur le circuit mondial. Et pour l’instant, Titouan Castryck ne déçoit pas. Proche d’accorcher sa première breloque à Prague, il a réussi à se hisser deux fois en finale sur les deux coupes du monde du groupe A. Mieux encore, il a montré qu’il était polyvalent en remportant la médaille de bronze en KCross à Prague! Il est désormais incontestable en équipe de France…

Benjamin Renia s’était montré régulier et polyvalent aux piges, sans être indiscutable, car n’ayant pas remporté de course (critère d’observation du TIN). Disqualifié en demi-finale de la CM 1 (pointe pas aux normes), il s’est ensuite brillamment imposé en Kayak Cross. Sous pression à Prague pour réalisé le top 12 nations, il échoue aux portes de la finale mais obtient tout de même une bonne 11e place. Son début de saison est donc plutôt bon.

Anatole Delassus est champion du monde U23 en titre, et vice-champion du monde senior KCross, mais s’est montré fébrile aux piges. Seulement 23e de la CM 3 en slalom, il s’est montré costaud en KCross en terminant à nouveau derrière le monstre Jo Clarke.

Léo Vuitton s’était illustré en remportant la première manche des TIN, il a donc eu sa chance sur la coupe du monde 3. Très bon en qualifs, il n’a pas réussi à concrétiser en 1/2 finale, mais il engrange de l’expérience pour la suite.

ils n’ont pas convaincu

Boris Neveu était très attendu. Médaillé mondial en 2022, il a réalisé des très mauvaises courses au TIN, mais a profité de son passé international, et de sa polyvalence en KCross. Malheureusement, il n’est jamais apparu dans le rythme sur les premières coupes du monde, 32e et 16e, il n’a pas non plus passé les trials en KCross à la CM1 et a été éliminé en 1/2 finale à la CM2. Sa 16e place à Prague devrait toutefois lui valider sa sélection pour le second bloc, car même s’il y a 12 nations différentes devant lui, si on exclut les français, le critère top 12 nations est rempli. On sait aussi qu’il est capable de répondre présent sur les grands événements!

Malo Quéméneur était en équipe de France l’an dernier, et s’était montré régulier aux piges sans convaincre, il termine 20e de la coupe du monde de Tacen. Il confirme en revanche qu’il est redoutable sur les trials en KCross, après avoir survolé le time des TIN. Il termine 4e de la finale à Tacen.

Mathurin Madore était passé complètement à côté de ses sélections en slalom, mais s’est ouvert une place en KCross pour courir à Tacen. Malheureusement, il n’a pas réussi à performer, il est sorti en 1/4 de finale.

Théo Desvignes est la figure de la stratégie « spécialiste » Kayak Cross. Il n’a malheureusement pas non plus réussi à s’illustrer à Tacen. Il a été éliminé en 1/8e de finale

Conclusion:

L’équipe K1H ne devrait pas bouger pour le second bloc de la saison. Titouan Castryck est la vraie satisfaction de ce premier bloc. Derrière, la catégorie peine à s’illustrer. La densité ne semble pour l’instant pas au beau fixe. On regrettera peut être l’absence de Mathieu Biazizzo des débats internationaux, lui qui s’est illustré aux TIN, mais la jeunesse pousse.

En KCross, la stratégie « spécialiste » ne semble plus porter ses fruits. Ce sont actuellement les meilleurs slalomeurs qui performent.

K1D – l’équipe A peu en vu, ça pousse derrière

Un bon début de saison

Camille Prigent aurait sans doute rêver mieux comme début de saison, mais ça reste plutôt bon pour la bretonne. Vainqueur de la première manche des TIN, elle était passé à côté de la fin de ses sélections. Meilleure française des dernières années à l’inter’, elle a tout de suite confirmé en accrochant la finale sur la CM 1 à Augsbourg (9e). Elle est en revanche sortie à Prague.

Coline Charel n’avait pas réussi à se mettre en avant aux TIN (4e, 8e et 7e), mais a réussi à accrocher une finale à la coupe du monde de Tacen, avec une 6e place, et donc le meilleur résultat français de ce début de saison international. La championne du monde 2021 U23 se replace dans la course à l’équipe.

Romane Prigent a réalisé des TIN régulier, mais jamais devant (3e, 4e et 5e). Finaliste à Tacen (10e), elle montre qu’elle est tout de même toujours dans le coup.

Eva Pietracha monte tranquillement dans la hiérarchie nationale. Au contact lors des TIN (6e, 5e et 8e), elle a été performante en qualifs lors de la CM3 et prend une 15e place encourageante en demi-finale.

Elles n’ont pas convaincu

Toute l’équipe en KCross: Des éliminations en trials et aucune finale sur les trois premières coupe du monde, l’équipe de France féminine, au contraire des garçons, a raté son début de saison en KCross.

Marjorie Delassus avait créé la surprise en prenant la 2e et 3e place des courses 2 et 3 des TIN. Elle s’est donc logiquement sélectionnée pour le premier bloc international. Malheureusement, elle est passé deux fois à côté des qualifications, et n’a pas vu de demi-finale.

Emma Vuitton avait nettement dominé les TIN, et était très attendu sur ce premier bloc mondial. 29 et 17e sur les coupes du monde 1 et 2, elle ne parvient pour l’instant pas à franchir le cap mondial.

Fanchon Janssen a été sélectionnée uniquement en KCross sur la CM3, mais la stratégie spécialiste n’a pas non plus porté ses fruits chez les filles, elle a été éliminée en 1/8e.

Conclusion:

L’équipe K1D pourrait voir quelques ajustements pour la seconde partie. Si Camille Prigent a confirmé sa place grâce à sa finale le reste peut changer d’après le règlement. Emma Vuitton devrait tout de même rester dans l’équipe avec ses résultats correct et ses très bon TIN. Marjorie Delassus pourrait peut-être bien être remplacée. Coline Charel est le bateau qui montre le plus gros potentiel, mais Romane Prigent a déjà plus d’expérience et a été plus solide au TIN… A suivre!

C1H – l’équipe A solide, la B pousse!

Un bon début de saison

Jules Bernardet était très attendu suite au battage médiatique autour de la non sélection de Denis Gargaud. Et le pontissalien a répondu présent de la plus belle des manières. Sous pression suite a la CM1 ratée, il a réussi à accrocher un magnifique podium à Prague. Enorme performance pour le jeune francomtois, qui confirme tout son potentiel.

Lucas Roisin faisait aussi son apparition chez les seniors, et avec deux finales en deux coupes du monde, il a montré sa solidité. Il va devoir désormais franchir le cap de la médaille! Mais quelle régularité sur ce début de saison entre le TIN et les CM.

Nicolas Gestin est le vainqueur sortant du classement général de la coupe du monde, a ensuite survolé le TIN. Très attendu sur le début de saison, il n’a pas réussi à concrétiser (4e et 26e), mais reste dans le coup.

Yohann Senechault a remporté la course 3e des TIN, et s’est donc ouvert une place sur la CM3. Très fort en demi-finale (2e), il termine 6e en finale, une résultat encourageant pour ce jeune pagayeur!

Adrien Fischer, à l’image d’Eva Pietracha, grapille aussi des places dans la hiérarchie française. Aligné sur sa première coupe du monde, il réalisé une très bonne performance en accrochant une finale!

ils n’ont pas convaincu

Mewen Debliquy, meilleur français aux mondiaux 2022, n’a pas réussi à se sortir des sélections, et n’a pas non plus pu se rattraper sur la CM3, en prenant seulement la 14e place. Le jeune pagayeur, fort d’un potentiel énorme, va encore devoir travailler pour s’installer dans cette catégorie.

Conclusion:

L’équipe C1H ne bougera certainement pas sur le second bloc. Mais quelle densité énorme dans cette catégorie, où les céistes de l’équipe B accrochent des top 10 sur leur seule coupe du monde. On aurait bien sûr aimé voir Denis Gargaud, mais il subit aussi cette énorme densité du clan tricolore.

On espère voir cette densité monté encore d’un cran et être plus régulièrement sur les podiums désormais.

C1D – Angèle Hug nouvelle leader

Un bon début de saison

Angèle Hug était un choix discutable du TIN. Mathématiquement pas dans le coup, son potentiel a été mis en avant par la FFCK. Et ce choix a été payant, puisque Angèle accroche une magnifique médaille d’argent sur la première coupe du monde, et confirme avec une finale sur la seconde étape. C’est la satisfaction de ce début de saison.

Elles n’ont pas convaincu

Marjorie Delassus était attendu comme leader après ses résultats encourageants des saisons précédentes, et sa domination sans partage sur le TIN. Malheureusement, elle est beaucoup sortie. Eliminée en qualif sur la CM1, elle ne termine que 21e de la CM2 et n’a pas validé sa place pour le second bloc…

Même combat pour Lucie Prioux, performante au TIN, mais seulement 30e et 20e sur les deux premières CM.

Laurène Roisin était en équipe de France l’an dernier, et à fais les frais du « choix » Angèle Hug, mais seulement 32e à Tacen, elle n’est pas sortie des qualifs.

Lucie Baudu aussi aurait pu prétendre à l’issu du TIN a une place en équipe, mais 20e de la CM de Tacen, elle ne semble pas pouvoir bousculer la hiérarchie.

Conclusion:

Si 2 des 3 filles de l’équipe de France C1D n’ont pas réalisé le minima « top 12 nation », la densité « fébrile » de la catégorie en France ne semble pas laisser entrevoir de changements. On imagine difficilement le remplacement de Marjorie Delassus, qui reste un énorme potentiel avec sa vitesse de bateau.

Réponse dans la semaine

Un début de saison encourageant pour l’équipe de France. Pas de victoire en slalom, mais deux podiums de jeunes pagayeurs et une génération qui semble éclore (Gestin, Hug, Bernardet, Castryck etc…)

La FFCK devrait publier mercredi les athlètes sélectionnés pour le second bloc international. Bloc le plus important, puisqu’il déterminera très certainement les sélectionnés tricolore pour les Jeux Olympique de Paris 2024.

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